ANNIVERSAIRE DE LA LOI 1905 : DÉFENDONS VAILLE QUE VAILLE LES VALEURS DE LA LAÏCITÉ

Catégorie
REVUE DE PRESSE
Date
dimanche 9 décembre 2018 00:00

Les Jeunes Radicaux

@JeunesRadicaux

9 décembre marque l'anniversaire de la loi concernant la séparation des Églises et de l’État, adoptée en 1905. L'organisation de jeunesse du Mouvement radical, social et libéral (MRSC), membre de la majorité parlementaire, s'inquiète des dérives antilaïques à l’œuvre dans la société française et des ambiguïtés d'Emmanuel Macron sur ce sujet.

Laïques, l’actualité de ces derniers mois dans notre pays nous a profondément choqués et inquiétés. En cette journée anniversaire de la laïcité, nous estimons qu’un constat global est nécessaire pour mesurer l’ampleur des dérives qu’a connue la loi de séparation des Eglises et de l’Etat ces derniers temps.

L’homélie du Président de la République Emmanuel Macron, Chanoine de Latran, en avril 2018 devant la Conférence des évêques de France fût certes une première pour l’Eglise catholique mais marque une rupture avec la loi de 1905. En plein débat sur les questions bioéthiques dans notre pays, vouloir réparer le lien entre Eglise et Etat et appeler « les catholiques à s’engager politiquement » est une porte ouverte pour les contestations religieuses aux réformes progressistes. Si nous saluons l’intervention républicaine de la secrétaire d’Etat à l’égalité Femmes-Hommes Marlène Schiappa qui souligne notamment que la laïcité est en danger et qu’elle n’est pas “un partage d’un gâteau entre différentes religions”, les propos du Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner quant à la régulation de l’Islam de France nous interrogent. Nous nous associons aux défenseurs de la laïcité Jean-Pierre Sakoun, Pierre Juston et Philippe Foussier qui tiraient la sonnette d’alarme dans un article publié dans Marianne. Comme ils le soulignent, l’idée selon laquelle les lois de notre République devraient s’adapter aux cultes religieux est totalement contraire au principe de neutralité et tendrait à instaurer un communautarisme dangereux pour notre pays.

La notion de laïcité est inconnue des marcheurs de l'Assemblée

La neutralité de l’Etat n’est pas mise à mal uniquement par les plus hautes sphères de notre pays, ce qui pourrait tout laisser naturellement penser à des écarts à la législation en vue de clientélisme électoral. Lors des cérémonies religieuses du 15 août dernier à Lourdes, deux élus municipaux de la ville de Toulouse, Jean-Baptiste de Scorailles et Jean-Michel Lattes ont été retoqués pour avoir porté l’écharpe tricolore lors de la « Prière pour la France ». D’après le Code général des Collectivités territoriales, le port de l’écharpe par un élu municipal précise bien qu’il représente par ce symbole le maire et donc notre République laïque. La participation à un office avec une écharpe tricolore va donc au-delà du principe de laïcité. De la même façon, la tenue des Vœux des Echevins à Lyon en présence d’élus municipaux et du Maire de Lyon, cette année Georges Képénekian, est une absurdité au regard de la neutralité de notre République. Pour rappel, ces vœux sont organisés pour que la Ville de Lyon soit placée sous la protection de la Vierge Marie. Une autre époque ! Cette année le maire de Lyon a de nouveau apporté une médaille (donc, une offrande !) au cardinal Barbarin dans le cadre d'une messe célébrant la Fête de la Nativité dans la nef de Notre-Dame de Fourvière. D’autre part, les passes d’armes entre des députés de la majorité telles que les violents échanges sur les réseaux sociaux entre Aurélien Taché et François Cormier-Bouligeon, sont une preuve que la notion de laïcité est inconnue des marcheurs de l'Assemblée. Le même Aurélien Taché entretient régulièrement d’ailleurs, sur les réseaux sociaux, sa vision multiculturaliste de la laïcité en appelant à un “partenariat avec les français musulmans”. Il ne reste plus qu’à rédiger les textes d’un nouveau concordat.
Les amalgames de la communautariste Rokhaya Diallo dans son manifeste « Les droits des musulmanes font partie des droits des femmes » ne sont qu’un coup de poignard dans notre modèle laïque et notre principe de neutralité français qui nous sont si chers face à la montée de la pensée multiculturaliste tirée du modèle à l’anglaise. Un exemple de la faillite de ce modèle est la scandaleuse décision à Londres du refus d’accueil de la Pakistanaise Asia Bibi, accusée de blasphème après avoir consommé un verre d’eau dans un puits « réservé aux musulmans ». Les rapports récents du Comité des Droits de l’homme qui, en donneur de leçon, place la liberté de religion au-dessus des droits de l’homme dans les affaires Babyloup et Sonia Yaker sont là encore des atteintes à notre République laïque. Ces décisions sont bien heureusement non contraignantes pour notre pays, mais fragilisent notre modèle laïque.

Nous devons instaurer un jour férié de la laïcité, chaque 9 décembre

En ce 9 décembre 2018, journée anniversaire de la laïcité, nous émettons des propositions ouvertes aux débats. Face aux dérives intégristes, les moyens de la police des cultes doivent être renforcés. De la même façon, il est nécessaire d’interdire la tenue de réunions politiques dans des édifices cultuels et de condamner les protagonistes de ces réunions. Pour lutter contre le rejet de l’autre sur la base de son appartenance à une obédience, un véritable enseignement de la laïcité à l’école et un accompagnement des élèves contestataires des enseignements républicains doivent être mis en oeuvre. Nous devons instaurer un jour férié de la laïcité, chaque 9 décembre, dans toutes les communes de France pour rappeler à tous l’importance de notre République laïque. En compensation, nous proposons de supprimer le jour férié cultuel de l’Assomption ayant lieu pendant les vacances scolaires et dont la suppression sur cette période ne provoquera pas de bouleversement dans notre calendrier républicain. Enfin, puisque notre République est une et indivisible, les mêmes lois doivent être respectées sur l’ensemble de son territoire. Ainsi, nous souhaitons la fin des régimes particuliers tels que le concordat en Alsace-Moselle, la présence de juges religieux musulmans à Mayotte, la rémunération publique des prêtres en Guyane ou tout autre écart à la neutralité de l’Etat. Un Comité Républicain de Surveillance et de Sanction des dérives à la laïcité s’assurera de veiller au respect des principes de laïcité et pourra sanctionner toute dérive.

Source : https://www.marianne.net/debattons/tribunes/anniversaire-de-la-loi-1905-defendons-vaille-que-vaille-les-valeurs-de-la-laicite

 
 

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