Décès de Mohamed Talbi, «libre» penseur contre l'obscurantisme religieux

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REVUE DE PRESSE
Date
lundi 1 mai 2017

Cet islamologue, pourfendeur du salafisme et de l'intégrisme, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi. Il avait 95 ans.

Durant plus d'un demi-siècle, lui-même profondément croyant, il aura combattu sans relâche les versions rigoristes de l'islam, prônant une vision rénovée de la pensée musulmane. L'historien et penseur tunisien, Mohamed Talbi, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l'âge de 95 ans après avoir lutté durant des décennies contre l'obscurantisme.

Né en 1921 à Tunis, agrégé d'arabe et docteur en histoire de l'université de Paris-La Sorbonne, Talbi était l'un des «fondateurs de l'université tunisienne moderne», comme le souligne dans un communiqué le ministère de la Culture. Premier doyen de la Faculté des Lettres de Tunis, ce «grand intellectuel» de la Tunisie indépendante est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages et de centaines d'articles, essentiellement en arabe et en français, qui lui ont valu nombre de distinctions.

«L'islam nous donne la liberté»

La charia (loi islamique) est une «production humaine» qui n'a «rien à voir» avec l'islam, clamait-il ainsi en 2006 au Monde, arguant que «la religion, quelle qu'elle soit, ne doit pas être une contrainte». «Je ne cesserai jamais de dire que l'islam nous donne la liberté», ajoutait-il alors.» «Nulle contrainte en matière de religion. Le Coran est le seul qui dise cette phrase, si claire, si laïque», insistait-il dans un récent entretien à l'hebdomadaire Jeune Afrique.

Persuadé que «l'islam est compatible avec la démocratie», il avait notamment pris position, après la chute de la dictature, contre le parti islamiste Ennahdha, qu'il avait accusé de chercher à opérer un coup d'Etat pour imposer une dictature théocratique.

Le «péril» de «l'islamophobie»

Sans concession envers le salafisme, qu'il qualifiait d'«anti-islam», Mohamed Talbi n'était pas tendre non plus envers «le péril de l'islamophobie, nourri» selon lui par certains courants du christianisme. Pour eux, le prophète «Mohamed n'a apporté au monde que des choses mauvaises et inhumaines», dénonçait-il à Jeune Afrique.

En France, durant les années 1980, Talbi avait été fait chevalier puis officier de la Légion d'honneur, au nom notamment de son combat pour le dialogue inter-religieux. Le président Béji Caïd Essebsi a exprimé sa «profonde tristesse», saluant un «intellectuel libre», un «réformiste audacieux» autant qu'«un militant national qui a toujours lutté pour la liberté et l'humanité».

Source : http://www.leparisien.fr/societe/deces-de-mohamed-talbi-libre-penseur-contre-l-obscurantisme-religieux-01-05-2017-6907620.php

 
 

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