Jean JAURES

« L’Etat ne demande ni au citoyen qui vote, ni au législateur qui traduit la pensée des citoyens : quelle est votre doctrine religieuse? Quelle est votre pensée philosophique? L’exercice de la souveraineté, l'exercice de la puissance publique n'est subordonné à aucune formule dogmatique de l'ordre religieux ou métaphysique ». (Intervention à la Chambre des députés le 21 janvier 1910)

Né le 3 septembre 1859 à Castres (Tarn), il constitue l’un des plus grands tribuns de l'histoire parlementaire. Normalien, professeur agrégé de philosophie, il devint député à vingt-six ans, puis connut une carrière à éclipse avant d'être constamment réélu à partir de 1902. D'abord républicain modéré, Jean Jaurès évolua vers le socialisme en soutenant la grève des mineurs de Carmaux. Mais ce lecteur de Marx, refusant d'admettre la lutte des classes comme unique moteur de l'Histoire, inscrivit le socialisme démocratique dans la continuité de la Révolution française et de l'idéal républicain. C'est dans cette perspective qu'il s'efforça d'unifier les différentes tendances du mouvement ouvrier français en fondant L'Humanité en 1904 et la SFIO l'année suivante.

Au départ hésitant sur le cas du capitaine Dreyfus, il se lança dans la bataille dès qu'il acquit la certitude qu'une erreur judiciaire avait été commise.

Humaniste en politique, Jean Jaurès fut un abolitionniste convaincu, dont le discours contre la peine de mort a marqué les esprits. Ardent pacifiste à une époque où le nationalisme devenait une force importante de la vie politique, il préconisa une « armée nouvelle » défensive et démocratique. Dénonçant le péril d'une guerre européenne, il fut assassiné le 31 juillet 1914.

 

LA LAÏCITE POUR JEAN JAURES, UN PRINCIPE DE VIE

Jaurès est, avec Aristide Briand, l’un des grands acteurs de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans son discours à la Chambre des Députés du 13 novembre 1906, il appelle les catholiques à se délier des puissances politiques et sociales du passé et à saisir, sans renoncer à Dieu, les chances offertes pas la science et la démocratie.

Pour Jaurès, la question scolaire est la pierre angulaire de la laïcité. Dans son discours prononcé le 30 juillet 1904 à Castres, il affirme que pour assurer l’égalité des droits, la démocratie doit « faire pénétrer la laïcité dans l’éducation ». Au cours de son célèbre discours « Pour la laïque », Jaurès combat l’idée de l’enseignement laïc. La laïcité ouvre sur un monde moderne en passant tout au crible de la raison. L’enseignement laïque permet d’éclairer les consciences.

 

EN SAVOIR PLUS

Retrouvez les discours célèbres de Jean Jaurès sur le site de l’Assemblée Nationale :

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/jaures/discours/index.asp

 

SOURCES

Site de l’Assemblée Nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/jaures/index.asp

CERF Martine, HORWITZ Marc, Dictionnaire de la laïcité, Editions Armand Colin, Paris 2011

FOURRE Jean-Pierre, Moi Jaurès, candidat en 2012…, Editions de Matignon, 2011