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Séjours Solidaires

IMG 3Un séjour solidaire annuel où les jeunes deviennent acteurs d’une action de solidarité internationale et sont sensibilisés aux difficultés rencontrées dans le pays visité.

En Juillet 2016, six jeunes soutenus par ACTISCE et en partenariat avec l'association Ti Chans pou Haïti, sont partis en séjour solidaire pour animer l'orphelinat " New Voice - House of life" situé à Léogane à l'est de la capitale Port-au-Prince. Deux semaines de partages, de découvertes, de convivialité et d'échange autour du jeu, de la langue française et de la danse. Autant de souvenirs et de moments inoubliables, que ces jeunes veulent partager sur cette page.

Découvrez des témoignages forts qui donnent une image différente de ce pays. Une bouffée d'optimisme, de joie de vivre et d'engagement, qui vous fera voyager le temps de quelques lignes et à travers photos et vidéos.

Le Foyer :

IMG 7« Le foyer de Gesner se divise en deux parties. D’un côté sa maison dans laquelle vit sa famille (et où nous prenons nos repas et nos « douches » - Ils ont leur propre cuisine avec une gazinière), de l’autre, deux dortoirs, un grand pour les garçons et un plus petit pour les filles, séparés par un préau où les enfants mangent, peuvent s’abriter de la pluie et jouer. La cuisine des enfants, où les plats chauds se font au feu de bois, donne sur ce préau. Baptiste et Joris dorment dans une chambre qui est dans la continuité du dortoir des garçons. Les filles d’Actisce dorment dans une chambre, anciennement le Kindergarden, qui est attenante au dortoir des filles. D’ailleurs, en haut du mur il y a un volet, et nous pouvons souvent voir des petites têtes sortir pour scander nos noms, le matin au réveil ou le soir au coucher. Derrière le préau, il y a les toilettes et les douches des enfants. »

« Derrière la maison de Gesner, il y a le « terrain » de basket avec, au fond, un espace pour le le puits, où très souvent nous trouvons des enfants en train de jouer, de laver le linge ou de faire la vaisselle. Il reste deux pièces attenantes au dortoir des filles : une est occupée par le frère de dodo, sa femme et leur bébé, l’autre est un débarras, où le père de Dodo dort temporairement. Son papa est venu pour les aider à construire un étage sur leur maison, qu’ils veulent agrandir, notamment pour accueillir plus confortablement leurs invités. »

Les Enfants et leurs habitudes :

IMG 1« Les enfants sont partagés en 6 familles découpés selon l’âge et le sexe, avec un responsable qui est un adolescent plus âgé du foyer. La majorité des enfants ont entre 6 et 11 ans. Il y a également 4 enfants, dit de « l’assistance sociale », qui ne dorment pas sur place, mais passent la journée au foyer et dont les études sont prises en charge. Les enfants se réveillent vers 5h. On peut entendre les filles, dont le dortoir est collé au notre, chanter leur prière vers 5h15. Entre 5h30 et 7h30, les encadrants font le ménage dehors et dans les dortoirs et la cuisinière prépare le petit-déjeuner des enfants, qui déjeunent vers 8h. Entre 6h30 et 8H, les enfants vont chercher l’eau et font leur toilette dans les « douches » prévues à cet effet.

« Le repas du midi est pris par les enfants vers 14h. Ils font une seconde session de toilette le soir vers 17h avant de prendre leur repas du soir vers 20h. Chaque enfant participe à la vie du foyer sans rechigner : le ménage, la vaisselle, aller pomper et rapporter l’eau pour les douches et la cuisine, la lessive, … Les dortoirs, pendant la journée, sont toujours impeccables : les lits sont faits, le balai a été passé, aucun vêtement ou objet de traîne, les doudous sont soigneusement posés sur un même meuble à l’entrée. »

IMG 4« Les enfants font leur toilette tous les matins et tous les soirs. Chacun, filles et garçons, sont responsables de leur propre approvisionnement en eau pour leur douche. Ils doivent pour cela aller pomper l’eau à la source et la rapporter dans des sceaux très lourds. Pomper l’eau est une épreuve pour nos bras d’adulte, mais eux s’y plie sans trop de difficultés pour leur âge. Les garçons arrivent à porter les sceaux jusqu’à leur douche, les filles, elles, doivent les traîner sur plus d’une centaine de mètres, et pourtant, se plient à cet exercice toujours avec le sourire. Aussi, les enfants se lavent tous les jours le corps, sont enduits de crème hydratante tous les dimanches et ont une toilette plus détaillée (ongle et shampoing) toutes les deux semaines. »

A l’heure des repas :

IMG 2« Le matin nous avons souvent des spaghettis à la sauce tomate ou bien des œufs brouillés avec un cube Maggi et des oignons. Nous avons eu parfois des bananes plantains bouillies, des bananes, de la bouillie de maïs, un velouté de légume avec des grosses pates, accompagnés parfois de pain avec du beurre de cacahuète ou du ketchup, de salade verte et de tomates.
Le midi nous avons souvent un ragoût de viandes avec de petits pois ou du mirliton (à la demande de Pauline qui adore cela), du riz avec des pois ou du riz nature, parfois de la sauce de haricot noir. Un dimanche nous avons eu en plus un gratin de macaronis et un gratin de pomme de terre. »
Le soir, nous avons parfois des sandwiches ou leur Kebab Haïtien (poulet, frites, bananes plantains frites, salade de choux pimentée) quand Mison ou Dodo n’a pas le temps de cuisiner. Sinon les plats sont assez variables : macaronis à la sauce tomate, poulet, riz, etc
Tous les repas sont accompagnés de jus maison ou industriels. Nous nous en servons presque comme du sirop tellement ils sont sucrés. Notre préféré est le jus de citron vert. Les jus industriels sont de la poudre diluée dans de l’eau, l’odeur et la couleur sont paraissent souvent plus chimiques que le goût. Les repas des enfants sont composés exclusivement soit de riz au pois, de riz sauce aux pois, de spaghetti à la sauce tomate ou de bouillies. Les assiettes sont gigantesques pour leur petit ventre, mais ils parviennent à les finir ! Les enfants ne meurent pas de faim dans ce foyer, loin de là. »

IMG 8« A Haïti, le dimanche est un jour très particulier, rempli de chants religieux, de calme et de prières qui durent jusqu’au soir. »

« Après le dîner (déjeuner), la plupart des enfants font la sieste sur et sous les tables dans le préau. Ils sont très mignons. »

« Mélodie, Baptiste et quelques enfants apprennent à réaliser des balles de jonglage avec des ballons de baudruche et du gravier. »

« La pluie commence à tomber, et nous changeons nos plans respectifs pour des jeux en intérieur. Nous passons l’après-midi à jouer aux cartes, à dessiner, à colorier, à regarder la pluie tomber et même, de temps à autre, à se risquer sur le terrain de basket. »

« Amassés dans le véhicule, nous traversons la capitale. Il y fait sombre et très chaud. Les lumières de la camionnette nous révèlent une circulation furieuse, toute engorgée de tap-tap, de camions, de motos et de voitures qui filent à toute allure. Les ruelles sont remplies d’ombres qui circulent, qui vont et qui viennent, des paniers sur la tête, des enfants à la main. Sur le bord des routes on gambade, on attend, on vend ceci ou cela, la ville est en ébullition. Au fur et à mesure que nous nous éloignons du centre de la ville les rues se vident, la végétation pousse, les lampadaires disparaissent. Nous ne sommes plus qu’un grondement sourd dans l’obscurité. »

IMG 6« En même temps que la nuit, vient s’abattre l’orage. La bruine dure le temps du dîner, suivi de quelques éclairs, et qui, à chaque coup, nous révèle un paysage blanc magnétique. Les gouttes se font plus drues vers la fin du repas et dégringolent sans discontinuer. Elles transforment rapidement la cour en mare à canard. L’eau nous arrive aux chevilles. Joris et Baptiste, en caleçon sortent se laver sous la pluie. »

« Un soir, Dodo demande à Joris et Baptiste d’aller servir le repas aux enfants. Le générateur n’étant pas encore allumé, le préau qui leur sert de salle à manger est noyé dans l’obscurité. On y discerne toutefois quelques formes, silencieuses et patientes, celles d’enfants fatigués. Agglutinés autour de la grande table, ils attendent leur repas, qui, comme la lumière, peine à venir. Devant chacun, une gamelle vide, si grande qu’elle en est encore plus vide, plus triste, plus terne. Sur ces visages aucun sourire ne se dessine, aucun regard ne s’illumine, pas un souffle, pas un mot. Rien que des ombres. Au final, ils auront un peu de lait, du sucre et des céréales. Et sans bruit, iront, clopinant, se rouler dans leur lit. »