Chant poétique Dhrupad de l'Inde

CONCERTS
Date: 22 Nov 2019 20:00

Lieu: Concert  |  Ville: Paris, France

L’ancienne forme de composition appelée Prabandha, décrite dans tous les ouvrages classiques sur la musique indienne, se composait de quatre parties: Udgrâha (prélude), Melâpaka (assemblage de la gamme), Dhruva (forme fixe) et Âbhoga (final). Le grand poète Jayadeva composa son Gîta Govinda au xiie siècle dans des Prabandha comportant seulement le Dhruva et l’Âbhoga. Les deux premières parties étaient en effet sans paroles.

D’après l’historien Abul al-Fazl ibn Mubarak (xvie siècle) : “La base du Dhrupad est un poème rythmé de quatre vers pour lequel il n’y a pas de règles concernant la prosodie ou le nombre de syllabes. Le sujet des poèmes est l’ivresse de l’amour et ses merveilleux effets sur le cœur humain. Dans l’Inde centrale ces chants sont appelés Chind et sont principalement des hymnes. Dans le Sud de l’Inde (Telugu et Tamil Nadu) ils sont appelés Dhruva et leur sujet est l’amour.” (Ain i Akbari, vol. III, p.251).

Le dhrupad est le plus classique des styles de chants indiens, il a conserve son identité au fil des siècles en continuant d'adhérer à la grammaire du style et il demeure contemporain comme chant grâce à la part dominante de la libre improvisation lors du récital. La première partie du Dhrupad est un âlâp sans rythme fixe et sans paroles. Le chanteur emploie pour soutenir la voix des syllabes conventionnelles dépourvues de sens. La deuxième partie du Dhrupad est le poème, chanté dans une forme rythmique scandée par le tambour horizontal, pakhawaj, dans un tempo d’abord lent puis graduellement accéléré. Le poème chanté est parfois divisé en quatre parties appelées Sthâyî, Antara, Samcharî et Âbhoga et qui sont centrées sur différentes parties de la gamme du mode, le Sthâyî sur le premier tétracorde et l’octave inférieure, l’Antara sur le deuxième tétracorde et l’octave supérieure, le Samcharî circulant sur les trois octaves. L’Âbhoga est un final. Le chanteur et le percussionniste font chacun leurs variations et improvisations puis se retrouvent sur le premier battement de la mesure. Le dhrupad, très classique, connaît une grande renaissance en INDE et à l'étranger.


Jérôme Cormier est chanteur de dhrupad. Il est formé pendant 12 ans par Ustad H. Sayeeduddin Dagar, pratiquant au quotidien à ses côtés à Paris où il passait la moitié de l’année, et chez lui à Pune lors de nombreux et longs voyages. Ustad H. Sayeeduddin Dagar fut le dernier représentant de la 19e génération de cette illustre famille (dont étaient les frères Dagar).

Il se produit pour la première fois en Inde en 2008, lors de la 34e Dhrupad Mela de Bénarès, où il est honoré d’une médaille d’or. Suivent de nombreux concerts en Europe et en Inde, en solo et aux côtés de son maître.

En parallèle il développe sa méthode d’enseignement de l’art vocal dans le style de la Dagarvani. Il donne des cours et anime des stages depuis 10 ans, n’ayant de cesse de poursuivre son désir initial de transmettre la joie privilégiée de l’audition et de la pratique du dhrupad : au-delà de la délectation par les sons et l’expression vocale, qui touche à l’universel, un partage de la saveur unique du silence, dont la présence dans le dhrupad va jusqu’à la corporéité.

Il partage à présent son temps entre la France et l’Inde, où il continue de perfectionner son style sous l’aile d’Ustad F. Wasifuddin Dagar.

 

Téléphone
0140608600
Email
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Site internet
Tarifs :
Tarifs Ville de Paris 14,20 et 12,10 euros
Adresse
72 Avenue Félix Faure
Paris, France

 

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  • 22 Nov 2019 20:00