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Peut-on concilier l’utopie et le réalisme ?

DE L'UTOPIE ET DU RÉEL
Date: 14 Nov 2018 19:00

Lieu: Conférence  |  Ville: Paris, France

Pour Hegel, « Ce qui est bien connu est en général, pour cette raison qu’il est bien connu, non connu.» Le problème du réel est qu'on le suppose très bien connu, alors qu'il est en fait très mal connu. Le passé lui-même, notre passé, que l'on croit absolument évident, ne l'est pas. L’invention de l’utopie pourrait venir du fait que l’on éprouve beaucoup de difficultés à comprendre et à discerner le réel. L’utopie se loge donc dans le non-présent, un non-lieu qui est antéposé ou postposé dans le temps et dans l’espace. Echappant au réel en cours, il est le lieu de l’imagination et du phantasme. Pourtant, il semble que dans la perception humaine de l’utopie, l’on peut y distinguer deux sens : l’utopie qui se pense advenir, comme prédiction du réel, et, l’utopie qui se sait utopie (ουτοπία), et en se sachant utopie se sait tout à fait en dehors du réel. Paraphrasant Rimbaud: «J'ai fait du bonheur la magique étude, que nul n'élude» , on pourrait dire: «J'ai fait du réel l'interminable étude». On ne peut pas épuiser le sujet. Il nous faut rejeter le réalisme trivial, qui dit qu'il faut s'adapter à l'immédiat, à l'ordre établi, au fait accompli, à admettre la victoire du victorieux. Au-delà de ce réalisme trivial, qu'y a-t-il?

Reconnaître que le réel grouille de possibilités dont on ne sait pas lesquelles vont sortir, dans lesquelles il faut «choisir ses propres finalités et son propre parti». Pour Edgar Morin, l’inventeur de la pensée complexe, la complexité c'est affronter l'incertain; c'est-à-dire, être amenée à se battre pour coïncider avec le réel. Comme l'idée d'un ordre déterministe du monde et de l'histoire s'est complètement effondrée, force est d’être contraint à affronter l'incertitude. Or, nous faisons face aujourd'hui à l'alliance de deux barbaries dont l’incertitude pourrait peser très fort sur nos sociétés. La première barbarie est celle de la refermeture sur soi d'un fragment d'humanité sur la base de son «ethnosociocentrisme».


Edgar Morin, de son vrai nom Edgar Nahoum, est né à Paris en 1921. La guerre d'Espagne en 1936 marque son premier engagement politique. En 1941, il prend sa carte au Parti Communiste Français (jusqu'en 1951) et en 1942 il entre dans la Résistance où il choisit le pseudonyme de Morin. Pendant la guerre il obtient une licence d'histoire-géographie ainsi qu'une licence en droit. A la Libération, il publie son premier ouvrage L’An zéro de l’Allemagne puis s'investit dans le journalisme en créant notamment la revue Arguments en 1956.

C'est en 1950 qu'Edgar Morin entre au CNRS et s'intéresse essentiellement à des phénomènes considérés alors comme mineurs. Il publie Le Cinéma ou l’homme imaginaire en 1956, Commune en France : La Métamorphose de Plodemet en 1965 ou encore La Rumeur d’Orléans en 1967. Il deviendra Directeur de recherche au CNRS en 1970. A la fin de cette décennie, il élabore ce qu'il définira en 1982 comme étant la "pensée complexe" et se lance dans l'écriture de son œuvre majeure La Méthode dont les six tomes seront publiés entre 1977 et 2004. Edgar Morin est Docteur honoris causa dans de nombreuses universités de par le monde. Sa pensée, à travers ses ouvrages, est présente dans plus d'une quarantaine de pays. Il s'attache désormais à réfléchir sur la mondialisation et s'engage dans le combat écologique.

 

 

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