LA QUESTION RELIGIEUSE DURANT LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

CYCLE LA RÉPUBLIQUE EST LAÏQUE
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Date: 14 Mai 2019 19:00

La Révolution a éclaté à l’été 1789. Tout est allé très vite entre l’ouverture des Etats généraux le 5 mai, la proclamation de l’Assemblée Nationale le 17 juin, le serment du Jeu de Paume trois jours plus tard, la Constituante le 9 juillet, la prise de la Bastille le 14, et enfin la très symbolique nuit du 4 août.

Les membres du clergé, et plus spécifiquement du bas clergé, ont été très présents durant tous ces débats et ces décisions si importants. Pourtant, la question religieuse se pose plus que jamais à partir de 1790. Malgré la dissolution du clergé en tant qu’ordre, malgré la participation de nombre de curés aux premières décisions de la Constituante, un sentiment antireligieux semble monter dans le pays dès la fin de l’année 1789. En effet, « l’année heureuse » n’est pas aussi tranquille qu’on l’a longtemps pensé, et les éléments qui vont constituer la crise religieuse se mettent en place. Ce sont d’abord des décisions, comme la suspension provisoire d’émission des vœux de religion (28 octobre 1789) et la mise à disposition de la Nation des biens du clergé (2 novembre). C’est ensuite le débat sur la liberté religieuse qui se pose, durant la rédaction de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen en août 1789. Les discussions sont houleuses pour aboutir finalement à l’article 10 : « nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public ». Pourtant, la décision majeure dans la question religieuse est très certainement le vote de la Constitution civile du clergé. Il s’agit d’organiser l’Église catholique, et le Comité ecclésiastique de l’Assemblée y réfléchit dès août 1789. Ce Comité est renforcé en février 1790 par des prêtres patriotes tant les tensions sont vives en son sein. La base de la discussion à partir d’avril est le projet de Martineau, un catholique gallican, qui veut clarifier les procédures de nomination des prêtres et éviter les privilèges, en particulier ceux issus de Rome. C’est la Nation qui devra rétribuer les membres du clergé. Se pose alors la question du pape, qui n’est pas consulté, et les tensions se font de plus en plus vives. Le projet est malgré tout voté le 12 juillet 1790, sans réelle difficulté, et le roi l’accepte le 22 juillet. Cela ne calme pas pour autant les tensions, bien au contraire.

Les protestations viennent essentiellement des évêques, qui veulent en appeler au pape (qui ne condamne la Constitution qu’en mars 1791), tout en réclamant un concile national – ce que Robespierre refuse. Cependant, c’est plus encore le serment constitutionnel qui met le feu aux poudres et fait rentrer la Révolution dans une période de déchristianisation où le seul culte est celui de l’Être Suprême…


Pierre-Henri Prelot, est professeur de droit public à l’université de Cergy Pontoise. Ses recherches et ses travaux se portent particulièrement sur le droit constitutionnel, les libertés publiques, le droit des relations Eglises et Etat (droit des religions et de la laïcité). Parmi ses publications, on peut citer : Traité de droit français des religions (Litec, 2003, ouvrage codirigé avec Francis Messner et Jean-Marie Woehrling) et Droit des libertés fondamentales ( Hachette, 2010).

 

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