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Politique et religion

LA RÉPUBLIQUE EST LAÏQUE
Date: 2 Oct 2018 19:00

Lieu: Conférence  |  Ville: Paris, France

« Dieu n'est pas mort. Il fait de la politique. » Partout dans le monde, le religieux est de retour. Son ascendant se ressent à l'intérieur des États comme sur la scène internationale et ce, jusqu'en Occident, où il semblait promis à une irrémédiable occultation. Le constat, enthousiasmant pour les uns, dérangeant pour les autres, est sans appel : la modernité n’a pas induit la disparition sociale, ni surtout politique, du religieux. Trois phénomènes majeurs le traduisent : la polarisation des sociétés partagées entre effacement et réaffirmation des croyances, la politisation renouvelée des religions, la spiritualisation des politiques. Pour autant, il ne s’agit en aucun cas d’un retour aux temps anciens, quand toute vie sociale était configurée par le religieux. On a souvent décrit la modernité en la rapportant à l’idée de sécularisation du politique : à la faveur de la « grande séparation » hobbesienne, le pouvoir serait devenu un lieu vide, dissocié de toute attache à la transcendance, privé même de tout contenu substantiel. Cette étude entend rappeler que la philosophie politique contemporaine ne s’est nullement accommodée de ce processus de dé-théologisation : au cours des dernières décennies, son propre a bien été, en s’appuyant sur le constat des « déraillements » de la modernité, de vouloir reconstituer une forme de lien entre le politique et le religieux.

Cette intention partagée s’est incarnée dans trois grandes architectures de sens. La première tient dans le paradigme du recouvrement : il s’agit ici, tout en adhérant le plus souvent aux institutions démo-libérales, de replacer le droit politique sous dépendance de la norme religieuse. La deuxième position s’agence, quant à elle, autour du paradigme de la substitution : on saisit le politique alors comme un objet d’investissement religieux. La troisième figure relève du paradigme de la délibération : attachée au principe d’indétermination démocratique, à distance donc de toute primauté du spirituel comme de toute religion du politique, elle se construit, quant à elle, autour du dessein d’articuler, dans l’espace de la discussion civique, les convictions séculières et les croyances religieuses. Dans son ordre propre, la philosophie politique confirme l’hypothèse de l’inscription de nos sociétés dans une forme de post-sécularité. Cette conférence s’appuie sur toute la complexité d’un espace contemporain en tension perpétuelle entre sécularisation et réenchantement du monde.


Philippe Portier est, depuis 2007, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (Paris-Sorbonne), où il occupe la chaire « Histoire et sociologie des laïcités », et dont il est membre du Conseil scientifique.Depuis 2008, il est directeur du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités. Agrégé de science politique, il était, avant d’être élu à la Sorbonne, professeur à l’Université de Rennes 1, dont il dirigeait le master de science politique et l’École doctorale Droit, Science politique et Philosophie. Membre, durant plusieurs années, du Conseil national des Universités (2002-2009), il est également professeur à Sciences-Po Paris où il enseigne en Master la théorie politique. Ses recherches portent principalement sur l’analyse comparée des régimes de sécularité, la sociologie et la philosophie de la laïcité française, la relation religion/politique, la sociologie du catholicisme, la théorie de la démocratie, la philosophie politique contemporaine. Il fait paraitre en 2016 aux Presses Universitaires de Rennes un ouvrage intitulé L’État et les religions en France. Une sociologie historique de la laïcité.

 

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